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Tinkle n°1
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Sur les traces de l'arc

Aide de jeu générique médiévale

Tinkle Bavard n°1

Dans de nombreuses parties de jeux, les personnages sont équipés d'un armement dont l'intérêt ne réside pour les joueurs que dans le nombre de dommages que l'arme pourrait occasionner.

Le but de cette rubrique est d'éveiller le lecteur à une approche plus sensible de l'Histoire à travers son patrimoine, sa culture, ses légendes. En premier lieu, ce sont d'abord les armes et les techniques de combat en résultant qui vont nous occuper.

L'arc fait son apparition au cours du Néolithique, ère à laquelle les hommes groupés en communautés vivent d'agriculture et d'élevage. C'est à cette époque que l'homme a développé son industrie lapidaire tout en polissant les pierres issues du produit final.

Il ne faut pas perdre de vue que les premiers arcs, composés d'une tige flexible et d'un boyau d'animal, n'étaient pas très performants, on put s'en prémunir à l'aide de simples boucliers en cuir. Par la suite, d'autres techniques furent utilisées pour améliorer les performances de l'arc (on badigeonnait, par exemple, la corde de graisse animale pour la rendre à la fois plus résistante et plus rigide).

L'arc est, avec le tour de potier, une des inventions les plus remarquables de ce temps-là.

Archer en action

L'arc semble avoir été avant tout créé pour la chasse et pour la protection vis-à-vis des bêtes sauvages. Il est clair qu'il est devenu, suite aux développements économiques et politiques, une arme à part entière. Les pointes des flèches étaient, au début, faites de pierre préalablement polie. A la fin du Néolithique, le cuivre devait faire bon ménage avec la pierre, quoique le cuivre très malléable ne possédait pas les vertus mécaniques de la pierre. En effet, les objets nécessitant un fil dur étaient confectionnés en pierre.

Les "Hyksos", peuple de bergers, furent parmi les premiers à avoir mis au point une tactique originale de combat moyennant l'utilisation de l'arc: aux alentours des années 1650-1700 avant J.-C., les "Hyksos", attirés par ce ruban vert et fertile qu'était la vallée du Nil, harcelèrent la garde-frontière égyptienne selon une stratégie alliant le cavalier et l'arc. En effet, c'est par vagues successives que ces guerriers arqués sur leurs montures ravageaient les fantassins égyptiens qui, après avoir essuyé la première charge, devaient s'apprêter à subir la seconde. Les cavaliers, après avoir décoché quelques flèches, se retiraient, laissant la place à une deuxième vague de cavaliers et ainsi de suite. Les flèches des "Hyksos" possédaient des pointes en bronze (alliage de cuivre et d'étain). Leurs arcs étaient très courts et très tendus, ce qui permettait de tirer et d'armer en peu de temps.

L'arc fut aussi utilisé à partir de chars de combat, où le tireur, grâce à la collaboration du servant qui tenait les rênes, pouvait viser à loisir.

Puis, avec les Perses notamment, d'autres types de combat vinrent se calquer sur le modèle de celui du char: les charges à dos d'éléphants.

Cette variante guerrière fut élaborée pour contrer les phalanges grecques (la phalange n'est autre que le regroupement en bloc de fantassins munis de boucliers et de longues lances).

Le but fondamental de la phalange était de stopper net les charges tant de la cavalerie que de l'infanterie. Avec les éléphants, l'attaque ne venait plus de front, mais d'en haut. Dès lors, il fut assez aisé de déstabiliser la phalange, pour peu qu'il y ait coordination des tirs à la fois d'en haut et de front.

Les romains employèrent la même méthode à Cynoscéphales, en 197 avant J.-C., contre une phalange macédonienne.

Mis à part ces tactiques peu conventionnelles, l'arc fut surtout utilisé pour "couvrir" les cavaliers et, plus particulièrement, les fantassins, lors de l'assaut des murailles de bourgs fortifiés.

Mais c'est avant tout en Angleterre que l'arc connut sa plus grande perfection. Au 13e siècle, l'arc atteignait facilement 2 mètres. Dès le 14e siècle, il était devenu l'arme nationale et atteignit un rare degré de puissance, rivalisant même avec l'arbalète en efficacité, avec néanmoins un avantage certain: celui de pouvoir décocher plusieurs flèches avant que l'arbalète ne puisse entrer en lice.

Lors de la bataille d'Azincourt (1415), l'arc anglais fit des ravages parmi les troupes françaises du comte d'Armagnac pendant la guerre de Cent Ans.

Ainsi s'achève ce bref aperçu de l'arc à travers l'Histoire. Il est essentiel de comprendre que ce petit dossier est tout ce qu'il y a de plus incomplet: en effet, il ne tient qu'à vous de l'étoffer et je souhaite qu'il vous ait donné envie de plonger dans la source intarissable de l'Histoire.

Texte: Luis

Dessin: Nathaniel

© Tinkle Bavard 1989

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