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Il fut un temps où dieux et démons se mélangeaient aux hommes, un temps où le feu et le sang étaient les amants de l'humanité.
Non, ce n'est pas une reprise de Conan le Cimmérien et Schwarzy n'a rien à y voir. Cependant, si Conan est un personnage imaginaire, les Cimmériens le sont moins. En effet, ce peuple de cavaliers, frère des Scythes, que l'on peut qualifier de "barbare" (du point de vue des civilisations helléniques et compagnie), sort des steppes orientales et trace sa route vers l'ouest et le sud, à coup de pillages et de rapines. Cela se passe vers 750 avant JC. Rome n'est encore qu'un rassemblement de villages sur des collines.
En plein âge du bronze, les Cimmériens, qui étaient établis en Crimée, franchissent le Caucase et investissent l'Asie mineure et l'Assyrie. Alliés à cette dernière par de sombres pactes, ils réduisent le royaume d'Ourarton à sa plus simple expression.
Plus tard, connaissant des revers, ils sont repoussés vers l'ouest par des armées de mercenaires et sont finalement chassés et asservis par leurs alter ego, les Scythes.
Les Cimmériens, peuple fier et rude, ont sans doute péri à cause de leur petit nombre (à peine quelques clans). Pourtant, leurs chevauchées les ont menés jusqu'en Allemagne de l'Est, en Bavière et même en Italie du Nord (là, il est vrai qu'ils étaient accompagnés par des Thraces débridés).
Si les Cimmériens sont de bons guerriers, ils sont aussi d'excellents cavaliers et ce sont ces deux "arts" mélangés, qui ont forgé leur supériorité dans les steppes. Ils se servent d'arcs en corne à double courbure et leurs pointes de flèches, d'abord en pierre, ont évolué au bronze, puis au fer.
Leur économie est celle des nomades: élevage (lait), peaux vendues sur les marchés de Bactriane, d'Assyrie et de Grèce, viande, céréales (pillages), esclaves écoulés dans les marchés de Pont Euxin (Mer Noire). La religion cimmérienne est animiste: Tabiti Papeus (dieu du ciel et des quatre vents), Apia (équivalent de Crom), Oetosyrus (soleil), Artimpaasa (lune). De plus, la magie shamanique est omniprésente (magie et sorcellerie, charmes, amulettes, hochets, crécelles, divination au moyen de bâtonnets et par déchirement de fibres d'écorce). Il est à noter qu'il n'y a ni temples, ni autels.
Pour terminer, j'évoquerai le culte des morts: si les hommes du peuple sont abandonnés aux dieux et aux loups, les chefs sont enterrés sous des tumulus (kourganes) avec leurs femmes, leurs serviteurs, leurs chevaux, leurs armes et des métaux précieux. On peut trouver ces tombes en Russie, Valachie, Hongrie et Allemagne de l'Est.
Et parmi tous ces peuples, tous ces royaumes, n'eut-il pas pu exister un homme, un aventurier, vivant de sa lame et de ses muscles?
Les barbares réunis
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