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Les voiliers sont un moyen de transport courant dans les mondes médiévaux fantastiques. Cela fait que l'on entend souvent les termes de poupe et de mât, de virement et d'appontement, sans toujours savoir de quoi l'on parle. Voici donc un petit historique, suivi d'une petite explication sur le principe de fonctionnement d'un voilier et enfin un lexique non exhaustif pour enrichir vos conversations marines.
Dis Maman, les bateaux ont-ils des ailes ?
L'histoire de la navigation remonte à longtemps. Les premiers navires n'étaient que des troncs d'arbres évidés par le feu et durcis par le temps ou des radeaux de joncs. Ces engins n'étant pas le summum pour des aventures maritimes, passons.
Les premiers voiliers qui affrontèrent la mer furent à ma connaissance des engins phéniciens. Ce n'étaient que des grandes barques en bois avec un mât et une voile. Cette navigation a toutefois le défaut de ne permettre d'aller que dans le même sens que le vent. Certains ports avaient donc tendance à se remplir en attendant que le vent tourne. Vu le risque de tempête, on ne naviguait pas non plus en hiver. Ces voiliers étaient très fragiles et ce n'est pas pour rien qu'on trouve partout des amphores au fond de la Méditerranée. A cette époque, le gouvernail n'existait pas et on tenait simplement une rame plongée à l'arrière. L'effort à fournir pour faire tourner le navire était bien plus grand et, en cas de tempête, on pouvait aller se coucher. Ces navires n'avaient pas non plus de quille à proprement parler et on les tirait sur la berge, sur des rouleaux de bois, lorsqu'on abordait. Les galères, privilège des militaires, étaient bâties sur le même principe, en plus lourd, avec des rameurs pour aller plus vite en cas de temps plat et un rostre (éperon sous marin destiné à envoyer l'adversaire rejoindre les amphores). Le combat consistait à envoyer son rostre dans le flanc de l'autre sans qu'il vous perce du sien.
Les navires suivants dans ma liste sont les drakkars, dont les principales caractéristiques sont un faible tirant d'eau, une coque très solide et stable capable d'affronter la haute mer et une voile carrée démontable pour les combats qui permet au navire d'atteindre des vitesses sérieuses. Il faut noter que le drakkar n'a ni poupe ni proue et que les deux points peuvent êtres inversées lors des virements. Comme Casus Belli a écrit un article a ce sujet je n'en dirai pas plus... Simplement que ce bateau est capable de naviguer à 75°par rapport au vent, c'est-à-dire qu'il peut commencer à essayer de remonter le vent. Depuis, les navires se sont toujours perfectionnés. Devenant de plus en plus rapides, de plus en plus sûrs et de plus en plus manoeuvrables. Il existe sur Terre des milliers de types de voiliers différents. Depuis les catamarans de Polynésie jusqu'aux paquebots à voile de croisière. Un voilier parfait n'existe pas: ici un faible tirant d'eau prévaudra, là un gréement très solide sera l'essentiel.
Si vous désirez faire un système de statistiques pour vos bateaux (le système de Rêve de Dragon n'est pas mal), je vous conseillerai de prendre en compte les données suivantes: vitesse, manoeuvrabilité, capacité (personnes ou cargaison), équipage nécessaire, tirant d'eau, résistance de la coque, du gréement, capacité à affronter la haute mer (un dériveur de lac est dangereux en haute mer), rayon d'action (combien de temps le navire peut voguer sans ravitaillement).
Et aujourd'hui?
Des voiliers dans un jeu de science fiction, pourquoi pas? Grâce aux nouveaux matériaux (fibres de carbones, titane, fibre de verre, uranium appauvri pour la quille) et aux connaissances accrues en matières d'hydrodynamique, on fabrique actuellement des voiliers capables de remonter à 30° du vent et de filer à 40 noeuds (72 Km/h). De plus, on envisage grâce à des voiliers à voiles rigides (des sortes d'ailes) de monter à 120 Km/h. Les navires de gros tonnage peuvent aussi être, du moins partiellement, propulsés par la force éolienne: on a déjà construit de petits pétroliers équipés de voiles rigides commandées par ordinateur. Il existe même un prototype de voilier à voiles cylindriques (si, si!): celles-ci tournent sur elles-mêmes pour créer des tourbillons et une effet similaire à celui des voiles (et le cylindre est toujours parfaitement orienté par rapport au vent....) Un voilier très léger peut aussi être monté sur "foils", c'est-à-dire sur des sortes de patin à eau et aller plus vite encore, n'étant plus limité par la résistance de l'eau.
Le vent
Un voilier fonctionne avec le vent (sans blagues!), mais contrairement à ce que l'on peut croire, il n'est pas seulement poussé par celui-ci, mais aspiré par un dépression causée par la courbure de la voile (aspirine!). En fait, le principe est le même que celui d'un avion: l'air qui passe sur le coté extérieur de la courbe de la voile doit faire un plus long trajet que celui qui passe à l'intérieur et doit donc aller plus vite. Cela cause un dépression qui aspire la voile et le bateau. En fait, cela fait que le bateau peut a) aller presque contre le vent, b) lui permettre, s'il est léger, d'aller plus vite que le vent, c) que les sorts qui font du vent et qui ne sont pas dirigés afin que le vent soit coupé par la voile ne feront que ralentir le voilier. Ce type d'utilisation du vent n'est possible que lorsqu'on ne va pas dans le même sens que le vent. Quand on a le vent de le dos, on se laisse tout bonnement pousser.
Un voilier peut donc aller dans tous les sens, sauf contre le vent. Plus le bateau est perfectionné, plus le bateau peut remonter le vent (certains navires actuels montent à 20° du vent). Cela fait qu'il existe un angle mort dans lequel le bateau n'est plus propulsé. Passer cet angle lorsque l'on tourne s'appelle un virement de bord et est assez dangereux (toute la force du vent passe d'un coté à l'autre). Il faut noter que c'est aussi le seul moyen de s'arrêter.
Encore une chose: chaque voilier a une vitesse critique, c'est-à-dire qu'il ne peut dépasser cette vitesse à cause de la résistance de l'eau, quelque soit la force exercée par la voilure. Pour aller plus vite, le bateau doit sortir de l'eau (déjauger), afin de moins sentir la résistance de l'eau. Un bateau qui déjauge a tendance à être peu stable.
Lexique
Accastillage: terme générique désignant tous les câbles, filins, poulies, etc. du bateau.
Affaler: faire descendre une voile de la mâture, l'enlever.
Allure: manière dont on navigue par rapport au vent (au près, de travers etc.).
Amener: plier les voiles sur les baumes et les vergues.
Amer: repère sur la côte.
Amure: coté du bateau où le vent se trouve: bâbord amure, tribord amure.
Armer: se dit d'un voilier que l'on équipe, cela n'implique aucun matériel offensif, d'où l'armateur.
A sec de toile: navigation sans voiles (quand il y a trop de vent).
Ardent: se dit d'un bateau qui a tendance à remonter le vent.
Bâbord: coté gauche du bateau par rapport au sens de marche.
Barrer: conduire le bateau.
Barre: gouvernail.
Beaupré: petit mât placé à la poupe et en diagonale.
Bôme: barre de bois servant a maintenir la grand-voile ouverte.
Bord: zig-zag que l'on fait contre le vent pour le remonter (bords de près).
Bout: morceau de corde sans utilisation particulière.
Brisants : rochers à fleurs d'eau, qui comme leur nom l'indique ne caressent pas les navires.
Cabestan: treuil permettant toutes les manipulations de cordes.
Cabotage: navigation le long des côtes.
Calfatage: fait de rendre le bateau étanche.
Cap: direction du navire.
Catamaran: navire à deux coques.
Choquer: relâcher une corde.
Cockpit: partie d'ou l'on pilote le navire, généralement situé à l'arrière.
Compas: boussole très précise.
Corde: inexistant, il n'y a pas de "cordes" sur un bateau. Chacune a un nom particulier.
Corsaire: pirate employé par un gouvernement.
Couple: (mise à) amarrage d'un navire le long d'un autre.
Démâter: perdre un mât (à éviter).
Dérive: aileron non lesté qui permet d'empêcher l'embarcation de dériver.
Dessaler: renverser le bateau (à éviter).
Drisse: corde servant à hisser les voiles.
Echouer: fait de toucher la terre (cela peut être volontaire et courant notamment dans les zones de marées).
Ecoute: corde servant à contrôler un voile.
Empannage: manoeuvre consistant à passer par le lit du vent en l'ayant par l'arrière, lors d'un changement de direction: manoeuvre assez dangereuse.
Enfourner: plonger avec le nez dans les vagues (à éviter).
Epissure: couture de deux cordage ensemble.
Estran: zone de terre qui est tantôt sous l'eau, tantôt à l'air, selon la hauteur de la marée.
Etais: câble situé à la proue servant à maintenir le mât.
Etarquer: tendre au maximum une corde (les drisses en particuliers).
Etrave: partie du bateau qui fend les flots.
Fanal: lumière servant de repère ou de marque.
Ferler: fait de plier une voile.
Foc: voile principale située a l'avant du mât.
Gaffe: ce qu'il ne faut pas faire. Aussi une bâton muni d'un crochet au bout, servant a récupérer les bouées, cordages et autres maladroits.
Garcette: petit morceau de corde servant à faire des paquets
Génois: version agrandie du foc.
Godille: rame de propulsion située a l'arrière du bateau.
Goélette: bateau à plusieurs mâts dont le mât arrière a la même taille ou est plus grand que le mât avant.
Grain: coup de vent.
Grande voile: voile principale située à l'arrière du mât.
Gréer: préparer un bateau pour le départ.
Hauban: câbles latéraux servant à maintenir le mât en place.
Hisser: monter une voile dans la mâture.
Ketch: bateau à plusieurs mâts dont le dernier est le plus petit.
Lapin: animal maudit. Nombre de navigateurs ont vu leurs cordages et leurs amarrages de cargaison rongés par ce charmant animal et, à cause de cela, leur navire sombrer. C'est d'autant plus rageant que les lapins étaient embarqués volontairement à bord, afin de servir de source de nourriture fraîche. Sur un bateau, on parle du "cousin du lièvre".
Largue: allure du bateau de 130 à 170° de l'axe du vent.
Loch: instrument mesurant la vitesse et la distance parcourue sur l'eau.
Lofer: tourner avec le bateau pour remonter contre l'axe du vent.
Lover: rouler joliment et proprement une corde.
Mal de mer: phénomène mental amusant rendant les gens verts. Très peu de gens y sont totalement immunisés.
Manille: boucle de métal se fermant par une vis.
Mât d'artimon: petit mât placé à l'arrière du bateau.
Mou (bateau): contraire d'un bateau ardent.
Mouillage: arrêt sur ancre.
Noeud: unité de vitesse 1 noeud = 1 mile marin par heure =1.8 km/h.
Pare-battage: sorte de coussins de corde (ou de plastique) servant à amortir les chocs lorsqu'un bateau est à quai ou à couple.
Pataras: comme hauban mais à la poupe.
Poupe: arrière du bateau.
Près: allure la plus proche de l'axe du vent.
Proue: avant du bateau.
Quille: lest placé sous le bateau pour le maintenir droit.
Ris: diminution de la toile en repliant la voile: prendre un ris.
Rouf: surface située au dessus de la cabine.
Rouler: osciller dans le sens latéral.
Sextant: instrument permettant de relever la hauteur d'angle entre un astre et l'horizon. Permet de calculer la latitude, et, si l'on dispose de tables à jours et de l'heure très exacte, aussi la longitude.
Sloop: bateau à un seul mât.
Sonde: poids au bout d'un fil qui permet de mesurer le fond.
Souquer: ramer.
Tanguer: osciller dans le sens de la longueur.
Tinkle: comme le lapin, mais bavard et immangeable.
Tourmentin: version réduite du foc (pour les tempêtes).
Tribord: coté droit du bateau par rapport au sens de marche.
Vergue: barre de bois qui maintient les voiles carrées en place.
Virer: Passer nez dans le vent pour changer de direction.
Voie d'eau: trou dans la coque qui laisse entrer de l'eau (à éviter).
Winch: sorte de petit cabestan.
Yawl: version de ketch dont le mât est très à l'arrière.
A propos de ce petit lexique, il n'a nullement la prétention d'être précis ou complet, le but étant simplement de donner une touche de réalisme aux voyages en mer...
Thias
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