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"They mix some DNA, some skin and a certain spray
You can watch it on a laser screen
And the fellow's blue and grey
Or sometimes pink and green
Just check it out on Halloween
Dr. Stein grows funny creatures..."
Helloween
Maintenant, vous savez d'où vient le Docteur Stein...
En ce moment, on parle beaucoup de manipulations génétiques. Peu de gens, toutefois, font la relation avec les mutants. C'est pourtant bien la même chose. Je vais tenter de vous expliquer un peu ce que sont toutes ces mutations.
Dans chaque cellule, se trouve une grande double hélice: l'Acide Désoxiribo-Nucléique (ADN). Elle contient toutes les informations nécessaires à la reproduction des protéines. L'assemblage de ces protéines (diverses protéines selon divers schémas) va donner tous les éléments de notre corps.
Comment se passe la reproduction? La chaîne d'ADN s'ouvre en son milieu. Une substance similaire (l'ARN ou Acide RiboNucléique) vient se coller sur cette ouverture, reproduisant "en négatif", le profil de l'ADN. L'ARN s'en va, une fois le motif voulu copié, vers les ribosomes. Ces derniers décodent l'ARN: en en suivant le profil, ils savent quels acides aminés ils doivent assembler. Cette succession d'acides aminés donne la protéine. Le ribosome fonctionne un peu comme le télex (vous passez le ruban troué et vous avez un message clair qui ressort).
Après ce petit aperçu biologique (qui vous rappellera avec attendrissement les cours de sciences naturelles), voyons comment l'homme intervient dans ce merveilleux processus. Pour le moment, ce que l'on sait faire le mieux est de séparer en deux le noyau d'une cellule (qui contient l'ADN). On remet la première moitié en place et on implante la deuxième dans un noyau préalablement vidé. Le noyau va se reconstituer et l'on aura alors deux cellules parfaitement identiques. Les êtres, qui naîtront grâce à la prolifération de ces cellules, seront, eux aussi, en tous points semblables. Ce sont des clones.
On sait aussi greffer des informations supplémentaires sur l'ADN. La cellule va alors se reproduire avec cette information et on aura une nouvelle espèce (utilisé, par exemple, pour obtenir des variétés de blé plus résistantes à certains fléaux).
Ce qui est beaucoup plus difficile est de retirer de l'information: il faut, en effet, savoir quelle partie exacte de l'ADN il faut retirer. Dans un univers de science-fiction, on peut imaginer que cela est faisable. De nombreuses possibilités s'offrent alors au meneur de jeu ingénieux. On peut imaginer, par exemple, une race de gens dépourvus de nerfs auditifs, ou oculaires, par une élite scientifique, qui dirige d'une main de fer. Ces gens seraient alors insensibles à toute propagande extérieure. Une masse de zombies. Pour la torture, il suffirait de leur brancher une prothèse et de leur faire entendre du bruit. N'étant pas habitués, ils en ressortiraient sans doute très choqués, ou ils n'en ressortiraient pas du tout.
Mais ce qui est plus intéressant, ce sont les mutations dues aux radiations. Voyons d'abord rapidement les principaux types de radiations. On trouve la radiation alpha, qui consiste en l'émission d'une particule alpha, c'est-à-dire un atome d'hélium. Ces radiations sont peu énergétiques et peuvent facilement être arrêtées avec une bonne protection.
Ensuite, viennent les radiations bêta, fruit de la décomposition d'un neutron ou d'un proton. Le neutron se transforme en un proton et un électron. C'est ce dernier qui est appelé radiation bêta-. Le proton se décompose en un neutron et un électron, appelé bêta+. Ces électrons sont beaucoup plus énergétiques (parce que plus légers) que les radiations alpha. Ils sont donc beaucoup plus dangereux.
La troisième désintégration radioactive, vient de la rencontre d'un électron et d'un positron (anti-électron), qui disparaissent en énergie pure: ce sont les rayons gamma. Ils sont extrêmement dangereux, parce que très énergétiques (pour vous donner une idée, les sources de rayons gamma sont isolées derrière des murs de béton de 3 mètres d'épaisseur, ou sous 50 mètres d'eau).
Ces trois types de radiations permettent aux matériaux radioactifs de se décomposer. Exemple: l'uranium 238 se transforme en thorium 234 en émettant un particule alpha. A son tour, le thorium se transforme en protactinium 234 en émettant un électron bêta-, et ainsi de suite, jusqu'au plomb 206, qui est stable. Un élément est stable quand le rapport neutron/proton est un peu plus grand que 1. Tant que l'élément a trop de neutrons, il se décompose.
Ces radiations sont dangereuses pour l'être humain, car elles peuvent briser les chaînes d'ADN et, ainsi, causer la perte d'informations. C'est pour cela que l'on a vu, après Hiroshima, tant d'enfants "incomplets". Leurs chaînes d'ADN ont été brisées par les radiations de la bombe A, alors qu'ils étaient encore en phase de développement. Ce sont donc des cellules "malades" qui se sont développées, des cellules manquant d'informations (par exemple, pour la croissance du bras gauche).
Ce ne sont pas les seules radiations néfastes: les rayons X et les rayons cosmiques ont des effets similaires. Les rayons cosmiques sont des flux de particules émises par le soleil lors de sa fusion thermonucléaire (il envoie notamment des neutrinos, particules de masse nulle, qui voyagent à la vitesse de la lumière). L'atmosphère nous protège bien, mais il y a toujours une certaine radiation qui passe (détectable au compteur Geiger).
Maintenant, amateurs de Gamma World ou d'Aftermath, vous savez d'où viennent ces fameux mutants. Ce que l'on voit, par contre, est qu'un holocauste nucléaire n'est pas nécessaire pour l'apparition de mutants. On peut très bien imaginer une colonie vivant sur une planète à l'atmosphère raréfiée ou au soleil plus actif que le nôtre, qui subirait ainsi beaucoup plus de radiations cosmiques et dont les habitants muteraient plus fréquemment.
Dans Athanor, un produit s'est répandu, qui facilite les mutations. C'est tout à fait concevable. En effet, il existe, à l'état naturel, un effet similaire: la glande thyroïde est friande d'iode. Un des produits de fission de l'uranium est un iode radioactif. Cet iode peut venir s'incruster dans la thyroïde et irradier "de l'intérieur". C'est pour ça que, à l'époque de Tchernobyl, les gens voulaient des tablettes d'iode: ainsi, leur thyroïde aurait été saturée et n'aurait pas absorbé d'iode radioactif. On peut donc imaginer que la substance en question dans Athanor s'incruste dans les cellules du corps et augmente leur "réceptivité" à la radioactivité. On peut ainsi muter plus facilement.
J'en profite, tant que j'y suis, pour faire la chasse à une idée reçue particulièrement bien ancrée: ce n'est pas la personne irradiée qui mute! C'est sa descendance. Bien sûr, la personne peut se dégrader lentement, car ses cellules ont perdu certaines informations, mais elle ne va pas muter au sens propre du terme.
J'espère que, avec cela, vous aurez les idées un peu plus claires à propos des mutants. Rappelez-vous surtout que vous pouvez avoir des mutants virtuellement n'importe où, pas seulement dans les jeux de rôle post-apocalyptiques. Il y a des rayonnements partout et la théorie de l'évolution la plus communément acceptée veut que ce soit grâce au faible rayonnement cosmique qui atteint la Terre, que l'être humain a évolué (le rayonnement cosmique induit les mutations, et la sélection darwinienne fait le tri...).
Roboduck
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