En Oregon, tourne en rond

Posté le 25.10.2014

En Oregon, tourne en rond, de Sébastien Chion, est le second tome des aventures du Pouquoi Pas?, entamées dans A Vancouver, tourne à gauche. Pour mémoire, nous avons affaire à une fiction auto-biographique (prévue en trois tomes). Cela signifie que le narrateur n’est pas tout à fait l’auteur, les événements divergent quelque peu de ceux que l’auteur a vécu et les personnages sont souvent des amalgames de plusieurs rencontres.

Or donc, le narrateur a atteint Vancouver et tourné à gauche, direction la Californie. Il n’est pas seul. Il est accompagné par Gabrielle, dont il se demande s’il n’a pas rencontré là la femme de sa vie. Gabrielle a un autre point de vue: elle pense que le narrateur se cherche encore et que son voyage à travers l’Amérique du Nord est avant tout un voyage intérieur. Ainsi, elle décide de rentrer à Montréal, laissant le narrateur solitaire, en Oregon.

Ce second volume se déroule presque exclusivement dans cet état des Etats-Unis. Il m’a permis de découvrir un endroit étonnant, avec des villes comme Portland ou Eugene, qui donnent envie d’aller y voir. On y cultive la liberté, le droit d’être soi-même, la tolérance envers la différence. En dehors de ces villes, le narrateur nous emmène dans des endroits qui semblent magiques, comme les sources chaudes d’Umpqua ou le parc national de Crater Lake.

J’ai eu un peu de peine au début de ce tome. Le narrateur part en introspection, dans des passages parfois assez longuets, peut-être un peu trop détaillés. Il tourne en rond, effectivement, et le lecteur avec. Puis, la situation se débloque et on retrouve la fraîcheur du premier tome. Le narrateur rencontre June, qui l’entraîne dans divers endroits de l’Oregon. On retrouve la joie des situations simples, des amitiés sans chichis et des paysages enchanteurs. Le narrateur nous fait partager son enthousiasme, son émerveillement et ses belles rencontres, surtout à Eugene.

Il y a, dans ce livre, beaucoup de réflexions sur l’amour, celui entre deux êtres, mais aussi l’amour au sens plus large, l’amour qui peut exister entre tous les êtres si chacun veut bien y mettre du sien. Un amour qui transcende des relations précises, qui permet de s’ouvrir aux autres et de s’enrichir à leur contact. Qui permet aussi d’aimer plusieurs personnes, chacune de manière différente. J’ai bien aimé ces réflexions, que je partage pour l’essentiel.

Voilà une belle aventure qui se poursuit. Je suis curieux de voir comment elle se concluera dans le troisième tome.