Posté le 10.02.2012
Je pratique la méditation depuis quelques temps, via les chants tibétains. Ce n'est pas encore devenu une habitude, ni une hygiène de vie, mais cela me fait déjà beaucoup de bien. Une fois, j'ai même ressenti que la méditation pouvait m'amener presque tout ce dont j'avais besoin, me permettre d'atteindre une plénitude que peu d'autres choses permettent d'atteindre, et surtout pas la simple consommation de biens matériels. J'ai été pris par surprise, mais je n'en doute pas, même si je n'ai pas ressenti cela aussi fortement depuis. Je retrouverai ce sentiment, j'en suis sûr. Entre-temps, il m'a fait prendre conscience de quelque chose que je savais de manière latente.
Le titre de cet article peut vous paraître d'une banalité affligeante, voire d'une naïveté déconcertante. Il est évident que nous pourrions tous être heureux: si les richesses du monde étaient mieux réparties, tous les êtres humains pourraient voir leurs besoins de base assouvis (voir, par exemple, la pyramide de Maslow). Malheureusement, dans le modèle occidento-centrique dans lequel nous vivons, les gens se retrouvent tous à aspirer au bien-être version G8, consommation débridée à la clé, schéma qui n'est pas extensible à l'ensemble de l'humanité. Et qui ne fonctionne que parce qu'une large fraction de l'humanité est maintenue dans ce qui est, de facto, une situation d'esclavage.
Le bonheur issu de la consommation est largement illusoire. Seule la spiritualité (sans religion) peut nous laisser accéder à un bonheur solide et durable. D'ailleurs, depuis quelques temps, j'ai lu un certain nombre de livres et d'articles qui mettent en avant le bonheur comme mesure du bien-être plutôt que le PIB (le débat n'est pas nouveau). Il m'est apparu que, entre les lignes, c'est bien de spiritualité dont la plupart des auteurs veulent parler, mais qu'il ne leur est pas possible de mentionner explicitement une notion aussi controversée.
Ma proposition est donc bien naïve: le système dans lequel nous vivons ne permet pas à tous de couvrir leurs besoins de base. Encore faut-il ensuite se sentir assez bien dans ces baskets, ce qui n'est pas gagné dans une société qui exacerbe la compétition. Peu de chances de développer une spiritualité sereine, surtout sans se faire bouffer par une église ou une secte quelconque. Si je regarde mon propre cheminement, il n'a pas été trivial. Et pourtant… je suis persuadé qu'il est facile, en théorie, d'accéder au bien-être via la spiritualité et il est donc d'autant plus frustrant que les conditions posées par nos sociétés rendent cela si difficile. Ce sentiment vient parfois me perturber quand je sens la plénitude monter en moi, ce qui m'attriste. D'un autre côté, cela montre que c'est possible et, donc, porteur d'espoir.
Décidément, le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas.