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Petit théâtreÉdité par "Les Grimoires des Gratteurs de Lune" - Vladimir Lecointre - 67, rue St Jacques - 75005 Paris - France Prix: 85 FF, port compris (également disponible en boutique) Fidèles au rendez-vous, les Gratteur de Lune nous proposent leur deuxième Grimoire, qui se passe entièrement dans l'univers charmant, mais rien moins qu'inquiétant, des marionnettes. Epais de presque cent pages, cet ouvrage nous propose la description sommaire de la cité de Snavol, une petite aventure qui peut servir d'introduction, et deux grosses aventures qui forment une campagne fort mouvementée. La Queue du BélierC'est ainsi que s'appelle l'aventure d'introduction. Courte et très linéaire, elle a l'avantage de permettre aux voyageurs de se familiariser avec Snavol et sa région, et surtout les troubles qui la déchirent. En effet, la région est en guerre. C'est avec l'appui d'un PNJ attachant et d'une ou deux Queues de Dragon bien choisies, que le Gardien des Rêves pourra convaincre ses aventuriers de ne pas fuir la région pour des cieux plus cléments. En fait, le but de l'aventure est que les voyageurs deviennent, malgré eux, les héros libérateurs de Snavol, condition qui facilite grandement le début de la première partie de la campagne. Rêve de MarionnetteDevenus héros de Snavol, les voyageurs sont invités par tout ce que la ville compte de nobles et de grands bourgeois, qui ne perdent pas une occasion de flagorner. Qui plus est, le siège qui vient d'être levé grâce à eux n'est qu'un épisode de la guerre et chacun cherche une occasion de se faire de nouveaux alliés, surtout de combattants aussi valeureux que nos aventuriers. Alors qu'ils se décident à reprendre le voyage (la sédentarité commençant à leur peser, tout comme la crainte d'être pris à parti dans une dispute qui n'est pas la leur), ils acceptent une dernière invitation, chez un certain Marioste. Là, dès leur arrivée, ils sont happés par un puissant enchantement et se retrouvent dans le corps de marionnettes. Leur esprit est flou comme s'ils se réveillaient du gris-rêve. Et cette lueur jaune dont ils ont le souvenir... auraient-ils franchi une déchirure de rêve? Mais pourquoi leur apparence a-t-elle changé ainsi? Seraient-ils morts et réincarnés? Seraient-ils simplement en train de rêver? Ou se sont-ils enfin réveillés? Toujours est-il que les voilà à la cour d'un seigneur. Leurs traits sont tous exacerbés. Le guerrier du groupe est maintenant un valeureux chevalier, paré d'une armure qui brille de mille feux, le haut-rêvant est habillé d'une robe à étoiles et coiffé d'un chapeau pointu. Le seigneur, ils le connaissent bien: c'était le Duc de Boutevroise. Les voyageurs étaient ses amis et conseillers, et il vient hélas de s'éteindre. Son successeur, Solféric de Nublance, est un homme ambitieux et mal-aimé, qui envisagent d'épouser la fille du Duc, afin de consolider sa position sur le trône. Or, le coeur de Bellidonna ne bat point pour lui, mais pour un des beaux voyageurs. Bref, les voyageurs se retrouvent marionnettes dans un conte de fée tout ce qu'il y a de plus classique, avec vil seigneur, sinistres sbires, monstres terrifiants et belle princesse à sauver, avec intervention obligatoire de fées et autres créateurs fantastiques. De base, les joueurs devraient être perplexe et ne pas bien comprendre ce qui se passe. Mais la rigidité, voire l'absurdité, de certaines situations (car il faut que l'histoire avance coûte que coûte, quelque soit les actions des personnages) devrait leur mettre la puce à l'oreille: quelque chose va sérieusement de travers ici. Les voyageurs vont donc vivre, tant bien que mal, la première répétition de "La source d'Okléidar", un conte de fée selon les règles. Le conte de fée contient vraiment tous les éléments des classiques du genre et c'est un vrai régal que de le lire. Tout cela est vraiment très bien ficelé et les joueurs auront fort à faire pour ce tirer de ce mauvais pas. Si ce scénario est joué seul, le but est que les personnages, à force de mettre à mal la trame du conte, arrivent à se libérer de l'enchantement qui les emprisonne, corps et esprit, dans les marionnettes. S'il est joué avec le deuxième scénario, l'histoire se développe bien au-delà des simples répétitions de "La source d'Okléidar". Le Coffre à JouetsAprès la première répétition, les marionnettes que sont les voyageurs sont ramenées dans l'atelier de Marioste. Pour une raison ou pour une autre, leur esprit n'est pas totalement pris et ils peuvent penser librement et, donc planifier leur évasion. Et ils ne sont pas seuls, car ils vont rencontrer toutes les autres marionnettes de Marioste, dont certaines sont également libres de leurs pensées. La quête de la liberté sera longue, à commencer par le dur apprentissage de marionnette. Il faut s'habituer à une mobilité réduite (surtout lorsqu'il faut porter le croix où sont accrochés les fils), à une taille ridicule et à une certaine sensibilité au feu... Toute expédition hors du placard où elles sont rangées est une aventure épique, et le chat de la voisine n'est pas le moindre des dangers. En vrac, les voyageurs seront confrontés à des serviteurs peu scrupuleux, des gnomes franchement malhonnêtes, une terrible maladie, des micro-rêves tous plus incroyables les uns que les autres, j'en passe et des meilleures. Autant d'aventures qui vont garder vos joueurs en haleine pendant de nombreuses soirées. Si "Rêve de Marionnette" est forcément très linéaire, de par sa nature, "Le Coffre à Jouets" laisse beaucoup de possibilités aux joueurs, malgré ses quelques passages obligés. Mon seul souci est que les joueurs finissent par se décourager, tant les obstacles apparemment infranchissables se multiplient, pour n'être surmontables que par des apparitions soudaines de PNJs qui ressemblent bien trop à des machinations du deus ex machina. Mais qu'à cela ne tienne, Petit théâtre est un bon supplément pour Rêve de Dragon, contenant des aventures qui feront réellement transpirer vos joueurs. Qui plus est, le tout est écrit dans un style très agréable à lire et parsemé de très peu de fautes d'orthographe, ce qui ne gâte rien (tant de publications amateurs sont gâchées par la quantité de fautes qui agressent le lecteur à chaque paragraphe...). Achetez sans hésiter! |
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